The Island – Asmodée – de Julian Courtland-Smith

The Island est un jeu réédité par Asmodée, créé par Julian Courtland-Smith pour 2 à 4 joueurs de 8 ans et plus, jouable en 45 à 60 minutes. Ce jeu a connu un sacré parcours : initialement sorti en 1988 sous le nom Atlantis, il a été successivement réédité en 1996 (en France sous le nom Les Rescapés de l’Atlantide), puis plus récemment en 2010 uniquement chez nos amis d’Outre-Atlantique par l’entremise de Stronghold Games sous le nom très évocateur de Survive, avant d’être finalement réédité cette année « en mondovision » (le 25 Mai 2012 en France) par Asmodée qu’on ne vous fera pas l’affront de présenter.

Dans The Island, vous disposez d’une petite équipe de dix rescapés échoués sur une île perdue au milieu de l’océan et qui va progressivement être engloutie. Chacun de vos rescapés a une certaine valeur en points de victoire (de 1 à 6) inscrite sous sa base, qui sera bien entendue invisible de toute la partie. A chacun des quatre coins du plateau se trouve un lopin de terre ferme civilisée. Il faudra que vos meeples rejoignent l’un de ces quatre territoires sécurisés pour vous rapporter leur quota de points de victoire. Mais comme ça serait trop facile sans ça, les eaux séparant l’île du reste du continent sont infestées de sales bestioles plus ou moins exotiques : requins, baleines et serpents de mer carnivores…Vos seules armes ? Vos bras pour nager, de rares radeaux de fortune, et votre fourberie !!!

Note : les éléments de jeu visibles sur certaines photos sont le fruit d’une version « 3D » faite maison par un de nos membres passionnés, tandis que d’autres (plus floues) proviennent d’une de nos parties faites avec le jeu original à Ludinord 2012. Prêtez bien attention aux légendes des photos pour identifier l’origine du matériel visible.

 

C’est dans les vieux jeux qu’on fait les meilleures soupes (de poisson)

Survive-The Island

Vue générale de The Island (version maison en 3D)

Du haut de ce jeu, plus de vingt ans de sorties ludiques en tout genre vous contemplent, et force est d’admettre que The Island reste incroyablement contemporain dans ses mécaniques offrant un résultat fluide, fun et dynamique. C’est dire alors combien il a dû sembler précurseur à l’époque de sa toute première édition. Bien qu’il ne s’agisse pas des règles officielles de The Island, nous vous proposons de télécharger ci-dessous les règles originales de la dernière version, Survive, éditée par Stronghold Games (Asmodée déclarant qu’il n’y aurait pas de modification notable des règles).

  Survive - Regles - The Island (379,0 KiB, 730 téléchargements)

Voici un résumé très rapide :

Survive-The Island-baleine

Un radeau de trois coéquipiers s’attire forcément toujours plus d’ennuis…

L’île est composée de 40 tuiles de trois types :

  • la plage, le « niveau 0 » lorsque l’eau montera et engloutira l’île ;
  • la forêt, le « niveau 1 » ;
  • la montagne, le « niveau 2 ».
On construit l’île en disposant aléatoirement les tuiles dans la zone centrale du plateau prévue à cet effet, puis chaque joueur place à tour de rôle un survivant sur l’île jusqu’à les avoir tous placés et refont de même avec deux radeaux. Les hostilités démarrent alors, et c’est peu de le dire. A son tour de jeu, un joueur fait ces actions à la suite :
  • jouer une éventuelle tuile bonus récoltée lors d’un des précédents tours ;
  • dépenser trois points de déplacement (1 case = 1 point ; monter dans un radeau après être tombé à l’eau compte pour 1 mouvement à part entière)
  • retirer une tuile parmi celles de plus bas « niveau » encore émergées pour symboliser la montée des eaux (toutes les tuiles de plage doivent avoir été retirées et laisser place à l’eau pour commencer à retirer les forêts, puis les montagnes). En les retirant, on les retourne pour voir l’effet (immédiat ou jouable ultérieurement) que nous offre la tuile que l’on conservera le cas échéant.
  • jeter le dé des monstres et déplacer le monstre obtenu par le dé.
Le jeu s’arrête lorsque le volcan (présent sous une des tuiles montagne) a été dévoilé et/ou qu’il ne reste plus aucun survivant sur le plateau.

 

Moi l’requin i’ m’a pris, je m’souviens, c’t’un môôôrdiii !

Survive-The Island-monstres-marins

La route sera longue… (version maison)

Comme vous l’avez déjà deviné : des monstres marins affamés vont vous compliquer la tâche. Là encore, le jeu privilégie le fun et la simplicité en posant un rapport de force aussi simple qu’un pierre-feuille-ciseaux :

  • La baleine se déplace jusqu’à 3 cases et détruit tous les radeaux occupés dans la case où elle se trouve. Les survivants finiront donc à l’eau, mais sains et saufs.
  • Le requin se déplace jusqu’à 2 cases et mange tous les survivants qui nagent dans la case où il se trouve. Des survivants sur un radeau n’ont donc rien à craindre.
  • Le serpent de mer se déplace jusqu’à 1 case et mange et détruit absolument tout ce qui se trouve sur sa case (sauf les autres monstres…question de solidarité…)

 

The Island : une vraie boucherie…euh, poissonnerie…

Survive-The Island -panique-radeau

Ca sent pas bon (le poisson…) (version maison)

Ce qui ne saute pas forcément aux yeux après un premier rapide tour du propriétaire, c’est qu’il reste beaucoup de place, dans les règles de jeu, pour créer des situations empoisonnées (ou empoissonnées…). Quelques exemples en vrac :

  • Les bateaux peuvent accueillir trois occupants. Pour le diriger, il faut être majoritaire ou « égalitaire ». Un bateau vide peut-être dirigé par tout le monde… On ne compte plus les vols ou détournements de radeaux en cours de route.
  • Un homme à la mer ne peut plus remonter sur l’île et ne se déplace plus que d’une case à la fois dans l’eau. Le plaisir de finir à la nage si près du but…ou d’un monstre…
  • L’île contient un « lac » (1 case vide au centre) infesté d’office par un serpent de mer
  • Certaines tuiles ont comme effet instantané de faire apparaître immédiatement à l’endroit même de la tuile le monstre qui est dessiné dessus.
  • Mine de rien, le plateau devient très vite tout petit compte tenu des vitesses de déplacements des différents monstres et survivants…

Tout ça pour dire que pour jouer à The Island, il faut vraiment savoir prendre pas mal de recul et ne pas compter dans ses rangs trop de susceptibles (encore que leurs bouderies risquent d’ajouter du fun à la partie !). Les supplications « Mais pourquoi ??? J’t’ai fais quoi ??? » ou « je lui sors un type de la mouise, et il m’envoie encore un requin pour me dire merci !!! » reviendront très régulièrement dans la partie. The Island devient très vite un défouloir (dés)organisé où aucune forme de diplomatie ne tient plus de trente secondes et où on recense un mort à chaque tour, et c’est bien ça qui est drôle. Un léger doute subsiste tout de même quant à sa tenue sur la distance au fil des parties : si après une dizaine de parties ça tient toujours, le facteur humain des joueurs joue pour beaucoup dans le renouvellement de l’ambiance et du plaisir. Mais si l’on est assez clairement « cubophiles » chez Ludopolyforce est d’admettre que The Island fait partie de ces titres un peu barrés qui mettent systématiquement le feu à table. Un peu régressif par les pulsions primaires qu’il attise, il se distingue quand même des jeux ostensiblement vendus comme « d’ambiance » par la place qu’il laisse aux plus « intégristes » d’essayer (à leurs risques et périls) de faire un semblant de stratégie tout de même…ou au moins vaguement.

The Island-asmodée-boîte La version Asmodée présente à Ludinord 2012.

 The Island-asmodée The Island-asmodée-partie The Island-asmodée-rescapés

Cerise sur le gâteau, une extension existait pour Survive, ajoutant au bestiaire un calmar géant qui disposait d’une allonge d’une case pour faire encore plus de dégâts, et qui sait si elle ne sera pas aussi adaptée par Asmodée…

C

Vous n’aimerez pas jouer à The Island si…

  • vous jouez avec des joueurs un peu trop susceptibles et/ou « premier degré » ;
  • vous n’aimez pas faire sciemment le mal autour de vous ;
  • vous cherchez un terrain de jeu pour vos neurones superflus ;
  • …le risque élevé d’acharnement de tous sur un même joueur (le « bashing« ) vous gêne, même sur un jeu orienté « just for fun ».

Du rab sur le web

The Island-vignette

Auteur: Pierre-André Dewitte

Travaille dans le cloud comme Traffic Manager "couteau suisse" (Webdev et Mobdev en bonus), mais descend de son nuage à l'occasion pour jouer à des jeux de société. Et quand il a un coup de cœur ludique, il l'écrit sur Ludopoly, toujours en moins de 3000 mots.

Partager cet article sur

4 Commentaires

  1. J’ai été agréablement surpris par la qualité des composant du jeu, j’aime bien les différentes hauteurs des hexagone. Un grand détail.

    Répondre
  2. Du matériel de grande qualité (à part les pions personnages un peu en retrait) pour un jeu vraiment fun en famille. Attention aux susceptibles effectivement, l’acharnement étant souvent de mise !

    Répondre
  3. Hi Pierre-Andre,
    Thank you for such a nice write-up! :o)
    Regards the game’s history; may I respectfully correct your introduction. ‘The Island’ was originally released by Parker Brothers, USA, in 1982. They called it ‘Survive’. In 1986 the game was marketed by Waddingtons, UK, who called ‘Escape from Atlantis’. In 1997 Hasbro marketed the game in Europe and called it ‘Escape from Atlantis’. In some countries the game was called ‘Atlantis’
    In 2012 Stronghold Games, USA, released ‘Survive: Escape From Atlantis 30th Anniversary Edition’.
    I’m very pleased to see the well-respected company Asmodee are marketing the game as ‘The Island’.
    I agree there are many old games which make good soup! :o)
    Kind regards,
    Julian Courtland-Smith

    Répondre
    • Hi Mr Courtland-Smith,
      Very honored to see you on our blog !
      Thanks for the detailed information. Although some researches on my favourite search engine, it seems I missed some information about overseas releases !

      Répondre

Envoyer un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Partager

Partager cet article avec vos amis!