De Vulgari Eloquentia : goodies made in Ludopoly

De Vulgari Eloquentia est un excellent jeu de Mario Papini, édité initialement par les transalpins de chez Giochix, avant d’être porté sous nos latitudes par la doublette Matagot / Le Joueur. Si un tel monument ludique, sorti en octobre 2010 pour Essen, mérite largement une chronique en long, en large et en travers (prochainement sur Ludopoly…stay tuned !), Ludopoly vous propose pour l’instant un goodie à la fois très pratique et qui souligne plus encore un des atouts du jeu…

Au travers de sa chronique prochaine, nous aurons largement l’occasion de faire découvrir à ceux qui sont passés à côté de De Vulgari Eloquentia tout ce qui fait son charme. Parmi ses atouts : un thème magnétique renforcé par un graphisme de très haut-vol hautement immersif. Mais surtout, ô grand surtout, une identification très forte à votre personnage qui, couplée à une vaste liberté d’action mélangeant stratégie et opportunisme, confère à l’ensemble une puissance narrative quasi-inégalée faisant de De Vulgari Eloquentia ce genre de jeu sur lequel on discute volontiers le bout de gras en fin de partie avec un langage tout à fait naturel dénué de références matérielles/mécaniques très prosaïques.

De Vulgari Eloquentia : aide de jeu

Aperçu de l'aide de jeu made in Ludopoly

Et pourtant point d’Ameritrash puisqu’il s’agit bien d’un jeu typiquement allemand, quoique d’auteur Italien. C’est donc une assez joyeuse séance de calcul de points de victoire qui vous attend à la fin de la partie et sanctionnera vos efforts. Pour mieux faire passer la pilule du calcul un peu fastidieux, et surtout rester sur une note positive hautement thématique, Ludopoly vous propose une feuille de partie à la fois conçue pour mettre à plat les points de manière claire, et surtout pour souligner la diversité des chemins suivis par chacun, faisant presque de cette feuille une sorte de « replay » dont la lecture vous redonnera la physionomie de toute la partie.

  Aide de jeu - De Vulgari Eloquentia (4,8 MiB, 267 téléchargements)

Principe de l’aide de jeu

Son fonctionnement est très simple. Dans le tableau principal vous inscrivez dans chaque ligne de la colonne « joueurs » le nom des joueurs réunis autour de la table (méritait-ce vraiment d’être précisé ?). Ensuite en fin de partie, vous pouvez détailler le score ainsi :

frere-dvecardinal-dveLes deux premières colonnes vous permettent de retracer le parcours religieux des joueurs, et de marquer qui est devenu frère et/ou cardinal. Suivant votre envie, vous pouvez simplement mettre une croix dans la case, ou carrément le nom complet du personnage choisi par le joueur.

Le petit carré en bas à droite de la case vous permet même, si vous le souhaitez, de marquer le numéro du tour où le joueur est passé respectivement au monastère ou à la cathédrale.

elections-dveDans cette colonne, vous pourrez noter les points de victoire marqués suite au vote, selon que vous soyez devenu banquierbénédictinchambellan, ou pape (ou simplement resté banquier)N’oubliez surtout pas, comme tend à le rappeler le choix de la pictographie de l’aide de jeu, les éventuels et très importants points de bonus/malus que vous apporterait votre statut de frère ou de cardinal !
soutiens-dveAprès l’élection, le joueur à qui il reste le plus de soutiens (politiques, nobles, prêtres) se voit attribuer un bonus de trois points de victoire. C’est ici que vous pourrez consigner ce bonus.

Si l’envie vous prend, vous pouvez même ajouter en petit la valeur des soutiens restants à chacun ayant conduit à cette attribution de points.

ducat-dveCette colonne est dédiée à la richesse. Le joueur le plus riche autour de la table gagne des points de victoire supplémentaires, respectivement 7 points s’il s’agit d’un marchand ou 3 points s’il est entré dans les ordres.

Une petite case vous permet également de cocher quels joueurs ont suivi jusqu’au bout la piste de l’Orient.

copiste-dveC’est ici que l’on s’intéresse aux copistes. Chaque copiste impérativement passé derrière votre paravent vous apporte un point de victoire supplémentaire. C’est ici que vous pourrez noter les scores de chaque joueur dans ce domaine.
devinette-de-verone-dveAu tour des points dus à La devinette de Vérone, pour le joueur qui est allé le plus loin sur la piste (ou le plus en dessous, en cas d’égalité).
cantique-du-soleil-dveCette colonne est consacrée aux points acquis grâce au Cantique du Soleil (9 points pour le joueur le plus avancé, et 4 pour le second).
manuscrits-dveGros morceau du jeu : les manuscrits. C’est ici que vous calculerez votre score pour les manuscrits en n’oubliant pas :

  • Les 8 points du Lingua Volgare
  • Le bonus de 5 points pour chaque joueur qui possède les 5 types de manuscrits différents (en s’aidant éventuellement des « joker » bicolores).

Enfin, la petite case en bas à droite de la case permet de noter le niveau de culture (de 1 à 8) de chaque personnage.

vatican-dvePour finir avec le score, il reste à noter les points marqués avec la tuile de la Bibliothèque du Vatican, le cas échéant.
La frise chronologique, façon « timeline du FBI » occupant la partie inférieure gauche vous permettra de prendre quelques notes pour les faits marquants des seize tours de jeu (la fin d’une pile de manuscrits, un joueur qui entre à Bologne, ou rejoint l’Orient…).
pape-mourantPour finir, deux emplacements pour noter les numéro des deux tours les plus cruciaux du jeu : celui où le pape est mourant, ce qui fait inéluctablement monter la pression d’un gros cran autour de la table, et celui où il rejoint son guide spirituel dont il était censé répandre la parole à l’occasion, qui marque alors le toujours très frustrant dernier tour.

Les notes, pour consigner les remarques importantes qui ne rentrent nulle par ailleurs. Un niveau de concurrence élevé sur une piste, l’absence totale d’intérêt des joueurs pour une autre, etc…

 

Ont été volontairement omis quelques rappels, notamment pour le tableau principal les fourchettes de points de victoire qu’apporterait tel ou tel élément : ce sont des informations déjà suffisamment rappelées dans les règles et les paravents très bien conçus, l’idée était de dénaturer a minima l’immersion thématique de De Vulgari Eloquentia. Il était donc hors de question de parler ostensiblement « points de victoire » et autres considérations bassement mécaniques. C’est un choix parfaitement assumé. Pire : revendiqué !

Plusieurs mois après les parties, en redécouvrant ces feuilles d’aide de jeu, on retrouve toutes les informations essentielles pour se remettre en tête la physionomie de la partie, les voies stratégiques suivies par chacun et bien sûr le résultat final ; tout ça en écrivant somme toute très peu d’informations sur cette feuille.

En espérant qu’elle vous sera utile, nous vous souhaitons de bonnes (et longues) parties de DVE !

 

Auteur: Pierre-André Dewitte

Travaille dans le cloud comme Traffic Manager "couteau suisse" (Webdev et Mobdev en bonus), mais descend de son nuage à l'occasion pour jouer à des jeux de société. Et quand il a un coup de cœur ludique, il l'écrit sur Ludopoly, toujours en moins de 3000 mots.

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2 Commentaires

  1. Jolie feuille de calcul, mais quid du Stupor Mundi ?

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  2. Très bonne question : quand j’ai conçu l’aide, je me suis posé longtemps des questions sur deux points :
    – le Stupor Mundi
    – l’université de Bologne

    Pour ce qui est de l’université de Bologne, vu le très faible engouement qu’elle suscite (du moins dans la configuration initiale du jeu…car je sais que certains joueurs suggèrent de raccourcir quelque peu cette piste unanimement jugée peu rentable), la question fut vite réglée : à la trappe. Si un joueur a utilisé ce moyen, il est toujours possible de le noter sur la frise ou les notes.

    Pour le Stupor Mundi, j’ai hésité davantage. Techniquement, c’est comme Bologne, au sens où ça n’apporte que des points de culture, et rien en point de victoire, donc le mettre dans la moitié supérieure avec le tableau des scores était inapproprié (et j’utilisai déjà toute la largeur de la page, donc difficile d’ajouter une colonne). Quant à lui dédier une zone dans la partie inférieure, j’y ai sérieusement pensé avant d’abandonner. Soit je faisais quelque chose de très exhaustif mais avec un rendement « rigueur de notation requise/info utile » très défavorable (qui aurait nécessité de se retaper l’écriture des noms des joueurs y ayant participé, et une AdJ où il faut réécrire deux fois la même info n’est pas une bonne AdJ), soit j’invite les joueurs à se contenter de l’essentiel : inscrire dans les notes le vainqueur du Stupor Mundi, avec pourquoi pas entre parenthèses sa mise.

    Voilà donc le « pourquoi du comment » du Stupor Mundi.

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