Takenoko d’Antoine Bauza chez Matagot & Bombyx

Article mis à jour le 29/08/2012 (visuels éditeur)

Takenoko est un jeu d’Antoine Bauza pour 2 à 4 joueurs de 8 ans et plus, jouable en 45 minutes. Il vient de sortir juste à temps pour Noël dernier en coédition chez Matagot et Bombyx, Bombyx étant la nouvelle incarnation de feu-Hazgaard allégée d’un associé.

Dans Takenoko, vous incarnez un jardinier japonais à qui l’empereur chinois a confié son précieux panda. A chaque tour de jeu, vous aurez le choix entre planter une nouvelle parcelle de bambous, irriguer une parcelle, déplacer le jardinier pour faire pousser une parcelle plantée et irriguée, ou déplacer le panda pour qu’il se remplisse la panse de bambou le filou. Tout ceci dans le but de réaliser un maximum d’objectifs, la partie s’arrêtant dès qu’un joueur en complète sept. Ces derniers rapportent des points de victoire variables d’un objectif à l’autre qui permettront donc de faire le décompte en fin de partie pour déterminer le vainqueur.

 

Un panda sur la Croisette

Takenoko Primé à Cannes en février 2012

Takenoko As d’Or à Cannes 2012

Le panda s’adapte manifestement à tous les climats, et avec réussite. Tout récemment, au dernier Festival International du Jeu de Cannes, Takenoko s’est vu remettre le pris de l’As d’Or de l’année. La rumeur enflait depuis des mois et c’est maintenant une confirmation, somme toute logique et ne souffrant d’aucune contestation possible à l’aune de l’esprit du prix et des précédents lauréats. Si cet article était dans les tuyaux antérieurement au FIJ, en témoigne sa présence dans le « coming soon » éditorial du site, avouons que cette récompense nous a motivé à passer la seconde et « lui faire son affaire » rapidement !

 

Le panda, il envoie du bois

Matériel du jeu Takenoko chez Bombyx

Contenu de la boîte – photo éditeur

C’est un fait sur lequel il n’y a pas débat, le jeu est esthétiquement une réussite. Entre les figurines peintes du jardinier et du panda, les petits morceaux de bambou qui s’emboîtent, le « boitage » et le livret de règles très élégant (avec la désormais « presque classique » petite BD d’introduction qui sert à poser l’ambiance), ça en met plein les yeux. Peut-être peut-on tout de même avouer une certaine déception quant aux teintes des tuiles bambouseraies, bien plus ternes que ne le laissaient à penser les visuels numériques très saturés trainant sur la toile, et qui rend le plateau qui se construit sous nos yeux au fil de la partie bien moins pétant qu’on ne l’imaginait. Le fait qu’ait été choisi de « toiler » la boîte et les tuiles n’arrange pas le phénomène. Pas de quoi jeter au feu le jeu, bien évidemment, (ça serait un comble après avoir fait un article sur Trajan où l’on n’a pas fait un esclandre du graphisme général !), mais on n’a pas les mêmes attentes entre un Trajan et un Takenoko. Petit tour de la bambouseraie:

  • 1 livret de règles
  • 28 hexagones de parcelles (bambouseraies)
  • 36 sections de bambou vert
  • 30 sections de bambou jaune
  • 24 sections de bambou rose
  • 20 canaux d’irrigation
  • 9 tuiles d’aménagement de parcelle
  • 45 cartes objectifs
  • 4 plateaux individuels
  • 2 jetons d’action par joueur
  • 1 dé météo
  • 1 figurine panda
  • 1 figurine jardinier

 

Jeune Pandawan deviendra grand

Clairement destiné pour un public très large et peu adepte de masturbation cérébrale, constituant donc une très bonne initiation aux jeux « modernes », Takenoko garde cependant quelques gênes mécaniques usuellement « allemands » avec le triptyque objectifs/actions restreintes/points de victoire : à chaque tour, chaque apprenti jardinier jette le dé de la météo qui lui apportera une action bonus aléatoire, puis il choisit et réalise deux actions différentes parmi les quatre possibles déjà énoncées dans l’introduction (planter une nouvelle parcelle, irriguer, déplacer le jardinier pour faire pousser les bambous, et déplacer le panda pour les manger). Il peut également prendre de nouvelles cartes d’objectifs parmi trois catégories d’objectifs :

  • les objectifs relatifs au placement des parcelles : sur la carte objectif vous est dessiné un certain assemblage de parcelles, et il faut que vous vous débrouilliez pour que cette disposition soit effectivement réalisée en jeu ;
  • les objectifs relatifs à l’estomac de votre panda : votre glouton compagnon doit avoir mangé un certain mix de bambous (en termes de quantité, et de « couleur » de bambous : vert, rose, jaune) ;
  • les objectifs relatifs au jardinier : il faut qu’une certaine variété de bambous ait poussé d’un certain nombre de morceaux de bambous dans un certain type de parcelle pour que l’objectif soit rempli.

Chaque objectif rapporte des points s’il est atteint. Le premier joueur à remplir 7 objectifs met fin à la partie et provoque le décompte des points. Un joueur avec 5 ou 6 objectifs remplis peut donc très bien avoir marqué plus de points que celui qui a mis fin à la partie, c’est pourquoi il est important de bien gérer ses objectifs (à la fois leur pioche et dans leur probabilité/délai de résolution).

 

 A part du bambou, qu’a dans le ventre le panda ?

 On ne s’attardera pas sur le problème déjà maintes fois évoqué sur la toile (ni sur la variante proposée) des objectifs qui peuvent être piochés par un joueur en étant déjà validés au moment de la pioche, lui apportant des points trop facilement. Ceci n’est qu’une conséquence logique du système d’objectifs secrets piochés. Regardez Les Aventuriers du Rail : avec un peu de chance, vous pouvez vous retrouver avec des objectifs qui s’aident mutuellement (exemple : deux objectifs de lignes simples pouvant concourir à réaliser bout à bout une troisième plus longue et rentable), et on n’en fait pas un scandale pour autant ! Soyons raisonnables, on est sur du familial-kawaï, on n’y joue pas en mode « compét’ internationale » avec notre vie en jeu ! On passera donc outre ce point.

Un petit peu plus gênant par contre : l’équilibrage des objectifs qui nous a laissé un peu sceptique : les objectifs relatifs au placement des parcelles ont un ratio difficulté/points marqués plutôt mauvais par rapport aux autres, tant et si bien qu’on les boude très vite au profit d’autres objectifs plus rentables, ce qui est du coup un peu dommageable en terme d’intérêt et de renouvellement du jeu.

Du reste, Takenoko répond très bien à ses promesses : le temps indicatif de jeu est bien respecté, le jeu nous emmène dans un très bel univers où la mécanique est fidèle au thème (davantage que dans une précédente wonder-création de l’intéressé ^^), l’accessibilité est bien soignée, le jeu est rapide et bien rythmé, et la beauté du matériel qui se laisse très agréablement manipuler avec un petit côté 3D/construction parachèvent un opus familial fort mignon.

C

Vous n’aimerez pas jouer à Takenoko si…

  • vous cherchez un gros jeu ;
  • vous n’aimez pas l’intervention du hasard (ici doublement présent : dé + objectifs) ;

Du rab sur le web

vignette takenoko

Auteur: Pierre-André Dewitte

Travaille dans le cloud comme Traffic Manager "couteau suisse" (Webdev et Mobdev en bonus), mais descend de son nuage à l'occasion pour jouer à des jeux de société. Et quand il a un coup de cœur ludique, il l'écrit sur Ludopoly, toujours en moins de 3000 mots.

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